
Sommaire
- Pourquoi l’introduction d’un mémoire en droit est-elle si importante ?
- Quand rédiger l’introduction d’un mémoire en droit pour éviter les incohérences académiques
- Les objectifs académiques incontournables d’une introduction de mémoire en droit réussie
- Comment rédiger une accroche juridique efficace dès les premières lignes du mémoire
- Comment démontrer clairement l’intérêt juridique et scientifique de votre sujet de mémoire
- Comment formuler une problématique juridique claire et réellement pertinente en droit
- Comment annoncer le plan d’un mémoire en droit sans affaiblir le raisonnement juridique
- Comment valoriser son parcours académique sans nuire à la rigueur universitaire du mémoire
- Comment garantir la cohérence logique et argumentative de l’introduction du mémoire
- Les erreurs à éviter dans une introduction de mémoire en droit
- Conclusion – Les clés méthodologiques pour réussir l’introduction d’un mémoire en droit
- Références méthodologiques universitaires (sources académiques)
- FAQ – Réponses claires aux questions fréquentes sur l’introduction d’un mémoire en droit
Introduction
Rédiger une introduction de mémoire en droit réellement convaincante est une étape décisive dans tout travail universitaire. Dans la plupart des jurys, l’introduction (avec la conclusion) est la partie la plus lue, la plus commentée et la plus déterminante : elle doit prouver, dès les premières pages, que le sujet est maîtrisé, que la démarche est rigoureuse, et que la démonstration juridique sera solide.
Une bonne introduction n’est donc pas une simple entrée en matière. Elle constitue un outil de cadrage juridique : elle situe le sujet dans un contexte normatif et doctrinal, pose les enjeux (pratiques et scientifiques), fixe une problématique pertinente, et annonce un plan cohérent. Elle sert aussi d’engagement méthodologique : le lecteur comprend immédiatement ce que vous allez démontrer, comment vous allez le démontrer, et avec quelles limites.
Dans cet article, vous trouverez une méthode claire, structurée et directement applicable pour réussir l’introduction d’un mémoire en droit, en respectant les attentes universitaires : accroche, intérêt du sujet, problématique, méthode, annonce du plan, et erreurs à éviter. Des exemples de formulations et des repères concrets sont intégrés pour vous aider à rédiger sans vous éparpiller.

À la fin de cet article, vous saurez rédiger une introduction de mémoire en droit qui :
- respecte les exigences méthodologiques universitaires ;
- valorise la pertinence juridique du sujet ;
- pose une problématique claire et défendable ;
- annonce un plan rigoureux, sans lourdeur ni flou.
Pourquoi l’introduction d’un mémoire en droit est-elle si importante ?
En droit, l’introduction est un acte de démonstration. Elle ne se contente pas de présenter un thème : elle doit déjà refléter la qualité du raisonnement juridique. Le jury y recherche des indices immédiats de rigueur : précision des termes, capacité à problématiser, maîtrise du cadre normatif, et cohérence globale du projet.
Concrètement, l’introduction sert à :
- délimiter un sujet souvent trop vaste (en droit, le risque de dispersion est fréquent) ;
- justifier l’intérêt (juridique, social, économique, institutionnel ou doctrinal) ;
- structurer la lecture en annonçant une logique de démonstration ;
- prévenir les critiques classiques du jury : hors-sujet, confusion entre commentaire et recherche, plan artificiel, absence de problématique.
| Ce que le jury attend | Ce que l’introduction doit apporter |
|---|---|
| Un sujet maîtrisé | Définitions, délimitation, contexte normatif et doctrinal |
| Un enjeu réel | Intérêt juridique + intérêt scientifique (ce que votre mémoire apporte) |
| Une problématique pertinente | Question de recherche juridique claire, non descriptive, défendable |
| Une démarche cohérente | Méthode, sources, articulation logique, annonce du plan |
Une introduction réussie « sécurise » votre mémoire : elle empêche le jury de douter de votre sujet, de votre méthode et de votre capacité à démontrer juridiquement.
Quand rédiger l’introduction d’un mémoire en droit pour éviter les incohérences académiques
La question du moment est stratégique. Beaucoup d’étudiants rédigent l’introduction trop tôt, puis la laissent inchangée alors que le plan, la problématique, ou même le périmètre du sujet évoluent. Résultat : incohérences, promesses non tenues, plan annoncé différent du plan réel.
La meilleure méthode consiste à travailler l’introduction en deux temps :
- Phase 1 (au démarrage) : une introduction « de travail » pour fixer un cap (délimitation, hypothèses, première problématique, méthode envisagée).
- Phase 2 (à la fin) : une introduction définitive, écrite une fois le développement stabilisé, afin d’assurer une cohérence parfaite avec le plan et les résultats de la recherche.
Rédigez l’introduction finale après avoir finalisé au moins : (1) le plan détaillé validé, (2) la bibliographie principale, (3) l’axe de problématique, (4) les principales idées démontrées.
Les objectifs académiques incontournables d’une introduction de mémoire en droit réussie
Une introduction de mémoire en droit doit atteindre plusieurs objectifs académiques, chacun correspondant à une attente implicite du jury. Une bonne introduction ne « raconte pas » : elle construit une démonstration en miniature.
1) Cadrer le sujet (définir et délimiter)
Le droit repose sur des concepts : il faut donc définir les notions centrales (sans dictionnaire) et surtout délimiter. Délimiter signifie préciser :
- le champ juridique concerné (droit public/droit privé/droit européen/droit pénal, etc.) ;
- le niveau normatif (loi, règlement, constitution, jurisprudence, droit international…) ;
- le périmètre temporel (période pertinente : réforme, revirement, contexte) ;
- le périmètre matériel (ce qui est inclus / exclu).
2) Problématiser (transformer un thème en question de recherche)
Un thème (« la responsabilité », « la liberté », « le contrat ») n’est pas une problématique. Une problématique doit exprimer une tension juridique : incohérence, incertitude, conflit de normes, évolution jurisprudentielle, insuffisance d’un cadre, divergence doctrinale, enjeu pratique mal résolu.
3) Justifier l’intérêt du sujet
Le jury attend une double justification :
- Intérêt juridique : difficulté technique, contentieux important, réforme récente, incertitude jurisprudentielle, divergence d’interprétation, enjeu institutionnel.
- Intérêt scientifique : apport du mémoire (clarification, typologie, mise en perspective, critique argumentée, proposition de solution).
4) Annoncer une démarche et un plan
Le plan n’est pas un sommaire : c’est une logique de démonstration. L’annonce du plan doit montrer que votre raisonnement avance étape par étape, de manière nécessaire, sans arbitraire.
| Élément attendu | Erreur fréquente | Bonne pratique |
|---|---|---|
| Délimitation | Rester général (« en droit ») | Définir champ, période, corpus, exclusions |
| Problématique | Question descriptive | Tension juridique + enjeu + question centrale |
| Méthode | Ne rien dire | Sources, approche, choix justifiés |
| Plan | Annonce vague (« d’abord, ensuite ») | Annonce structurée + logique argumentative |
Comment rédiger une accroche juridique efficace dès les premières lignes du mémoire
En droit, une accroche efficace doit être juridiquement pertinente et immédiatement reliée au sujet. Elle peut prendre plusieurs formes, à condition de rester sobre et utile :
- un fait juridique ou d’actualité révélateur (réforme, décision importante, débat institutionnel) ;
- une décision jurisprudentielle emblématique ;
- une contradiction ou une difficulté concrète rencontrée en pratique ;
- une évolution du cadre normatif (nouvelle loi, directive, revirement).
« La multiplication des contentieux relatifs à [X] met en lumière une difficulté persistante : [tension juridique]. Cette situation interroge la cohérence du cadre juridique applicable, notamment au regard de [norme/objectif]. »
Une accroche doit rester courte (quelques lignes) et conduire naturellement à la présentation du sujet, puis à la problématique. L’erreur classique est de faire une accroche trop longue, trop narrative ou trop éloignée du droit positif.
Comment démontrer clairement l’intérêt juridique et scientifique de votre sujet de mémoire
Après l’accroche, le lecteur doit comprendre immédiatement : pourquoi ce sujet est important et pourquoi il mérite un mémoire (et pas seulement un commentaire de texte).
Montrer l’intérêt juridique (droit positif + enjeux)
L’intérêt juridique se démontre en identifiant ce que le droit « peine » à résoudre : incertitude, lacune, divergence, conflit de normes, instabilité jurisprudentielle, inflation contentieuse, difficulté de qualification, etc.
- Exemple : incertitude jurisprudentielle sur une notion → risque d’insécurité juridique.
- Exemple : réforme récente → besoin d’analyse de sa cohérence et de ses effets.
- Exemple : tension entre droits fondamentaux → arbitrage délicat par le juge.
Montrer l’intérêt scientifique (apport de votre mémoire)
L’intérêt scientifique, lui, n’est pas « le sujet est intéressant ». Il doit préciser ce que vous apportez :
- une clarification (définition opérationnelle, typologie) ;
- une mise en perspective (comparaison, évolution historique, cohérence systémique) ;
- une analyse critique argumentée (forces/faiblesses d’un régime) ;
- éventuellement, une proposition (amélioration, recommandations, pistes).
« Au-delà de l’intérêt pratique, ce sujet présente un intérêt scientifique en ce qu’il permet d’interroger [cohérence/efficacité/portée] du régime de [X], à la lumière de [jurisprudence/doctrine/réforme], afin de proposer [clarification/analyse/typologie]. »
Comment formuler une problématique juridique claire et réellement pertinente en droit
La problématique est le cœur de l’introduction. En droit, elle doit être :
- juridique : ancrée dans le droit positif et/ou ses tensions ;
- problématisée : fondée sur une difficulté ou une contradiction ;
- délimitée : pas trop large, pas vague ;
- structurante : elle doit guider tout le plan.
La méthode simple pour construire une problématique solide
- Partir d’un constat : situation, règle, évolution, contentieux.
- Identifier une tension : incohérence, conflit de normes, incertitude, lacune, contradiction.
- Transformer en question : question centrale, formulée de façon neutre et démontrable.
| Problématique faible | Problématique solide |
|---|---|
| « Quelle est la règle applicable à… ? » | « Dans quelle mesure le régime de… permet-il de concilier… et… ? » |
| « Comment fonctionne… ? » | « Le cadre juridique de… est-il cohérent au regard de… ? » |
| « Quelles sont les conditions de… ? » | « La jurisprudence relative à… garantit-elle réellement… ? » |
Si votre problématique peut être traitée en 2 pages de cours, elle est trop descriptive. Une problématique de mémoire doit exiger un raisonnement, une mise en tension et une démonstration.
Comment annoncer le plan d’un mémoire en droit sans affaiblir le raisonnement juridique
En droit, l’annonce du plan est non négociable. Elle révèle la logique de votre démonstration. Le jury doit voir que votre plan n’est pas « décoratif », mais qu’il découle de la problématique.
Plan en deux ou trois parties : que choisir pour un mémoire en droit ?
Le choix dépend du niveau de complexité du sujet et de l’ampleur de la démonstration. Un plan en deux parties est souvent plus lisible et plus classique. Un plan en trois parties peut être pertinent si le sujet impose une progression plus nuancée (par exemple : cadre / limites / perspectives).

Le plan « idéal » est celui qui répond le plus directement à votre problématique, avec une progression logique : comprendre → analyser → discuter (ou délimiter → évaluer).
Comment formuler l’annonce du plan (sans lourdeur)
Une annonce de plan efficace respecte trois règles :
- Clarté : nommer les axes sans phrases interminables.
- Logique : montrer la progression (et pas seulement « partie I / partie II »).
- Sobriété : ne pas détailler tout le contenu (sinon, vous répétez le sommaire).
« Afin de répondre à cette problématique, il conviendra d’abord d’analyser [axe 1], avant d’examiner [axe 2], ce qui permettra enfin de discuter [limites/portée/perspectives] du régime étudié. »
Comment valoriser son parcours académique sans nuire à la rigueur universitaire du mémoire
Dans certains mémoires (selon université, master, directives), une brève contextualisation personnelle peut être admise, notamment si le sujet s’inscrit dans une spécialisation, un stage, un projet de recherche, ou une expérience académique. Mais en droit, la prudence s’impose : l’introduction n’est pas un récit.
Si vous mentionnez votre parcours, faites-le :
- en une ou deux phrases maximum ;
- uniquement si cela éclaire le choix du sujet ;
- sans affectif, sans remerciements (les remerciements se placent ailleurs).
« Ce sujet s’inscrit dans la continuité de travaux menés en [matière], et a été nourri par l’observation de [contexte], ce qui a conduit à interroger [tension juridique]. »
Comment garantir la cohérence logique et argumentative de l’introduction du mémoire
Une introduction cohérente se reconnaît à un enchaînement simple et sans rupture. Si vous devez « forcer » une transition, c’est souvent le signe que l’un des éléments (délimitation, intérêt, problématique, plan) n’est pas aligné.
Checklist de cohérence (à relire avant dépôt)
- Les termes clés sont-ils définis (et non implicites) ?
- La délimitation correspond-elle exactement au plan réel ?
- La problématique est-elle reprise dans les intitulés des parties (au moins implicitement) ?
- Les promesses de l’introduction sont-elles tenues dans le développement ?
- Le plan annoncé correspond-il mot pour mot aux titres de parties (ou à leur logique) ?
| Point de cohérence | Signal d’alerte | Correction |
|---|---|---|
| Délimitation | Vous traitez des éléments non annoncés | Réduire le développement ou ajuster l’intro |
| Problématique | Le plan ne répond pas clairement à la question | Reformuler problématique ou restructurer plan |
| Annonce de plan | Plan « passe-partout » (valable pour tout sujet) | Renforcer l’axe argumentatif de chaque partie |
Les erreurs à éviter dans une introduction de mémoire en droit
Certaines erreurs reviennent très souvent et pénalisent fortement l’évaluation. Les éviter peut faire gagner plusieurs points à votre mémoire.
| Erreur fréquente | Pourquoi c’est pénalisant | Alternative recommandée |
|---|---|---|
| Introduction trop générale (« Depuis toujours… ») | Manque de rigueur, absence d’ancrage juridique | Accroche reliée à une norme, une décision, une réforme |
| Absence de délimitation | Risque de hors-sujet et de plan incohérent | Délimiter champ, période, corpus, exclusions |
| Problématique descriptive | Pas de recherche, pas de démonstration | Construire une tension juridique et une question centrale |
| Annonce du plan floue | Le plan semble artificiel | Montrer la progression argumentative |
| Promesses non tenues | Incohérence avec le développement | Rédiger l’introduction finale après stabilisation du plan |
Confondre introduction de mémoire et commentaire d’arrêt : dans un mémoire, vous défendez une démonstration structurée autour d’une problématique, avec un plan argumentatif.
Conclusion – Les clés méthodologiques pour réussir l’introduction d’un mémoire en droit
Une introduction de mémoire en droit réussie repose sur une logique simple : cadrer, problématiser, structurer. Elle prouve au jury que vous maîtrisez le sujet, que vous avez identifié une tension juridique pertinente, et que votre plan répond rigoureusement à la problématique.
En synthèse, retenez les clés suivantes :
- Accroche sobre et juridique : une entrée en matière utile, pas un récit.
- Délimitation précise : champ, période, corpus, exclusions assumées.
- Intérêt démontré : intérêt juridique + intérêt scientifique (apport du mémoire).
- Problématique solide : tension juridique + question centrale défendable.
- Plan argumentatif : progression logique, annonce claire, sans lourdeur.
Relisez votre introduction après avoir terminé le mémoire : si elle ne correspond pas parfaitement au contenu, corrigez l’introduction (ou le plan) jusqu’à obtenir une cohérence totale.
Références méthodologiques universitaires (sources académiques)
Pour renforcer votre rigueur méthodologique (et sécuriser vos choix de structure), vous pouvez vous appuyer sur des références académiques reconnues en méthodologie juridique et en rédaction universitaire.
- Guides universitaires de méthodologie juridique : documents de facultés de droit, écoles doctorales, bibliothèques universitaires (consignes officielles).
- Ouvrages de méthodologie du droit : travaux portant sur la problématique, le plan, l’argumentation et la démonstration.
- Manuels de méthodologie de la recherche : cadrage scientifique, construction d’un objet de recherche, articulation des sources.
- Directives internes : guide de mémoire de votre master, normes de citation, format imposé (toujours prioritaire).
En cas de contradiction entre un manuel et les consignes de votre université, ce sont les consignes institutionnelles qui priment.
FAQ – Réponses claires aux questions fréquentes sur l’introduction d’un mémoire en droit
Faut-il annoncer le plan dans l’introduction d’un mémoire en droit ?
Oui, l’annonce du plan est indispensable dans un mémoire de droit. Elle permet au jury de comprendre immédiatement la logique du raisonnement juridique et la structure de la démonstration. Le plan doit être annoncé de manière claire et fluide, sans entrer dans un niveau de détail excessif, afin de respecter les exigences méthodologiques universitaires.
Quelle est la longueur idéale d’une introduction de mémoire juridique ?
En règle générale, l’introduction représente entre 5 % et 10 % du volume total du mémoire. Elle doit être suffisamment développée pour poser le cadre juridique, présenter la problématique et annoncer le plan, tout en restant concise et directement orientée vers le raisonnement juridique.
Peut-on citer des articles de loi dans l’introduction d’un mémoire en droit ?
Oui, il est possible de citer des articles de loi ou des références jurisprudentielles dans l’introduction, à condition que cela serve la contextualisation du sujet. Ces références doivent rester sobres et pertinentes, l’objectif étant de poser le cadre juridique sans transformer l’introduction en développement technique.
Quelle est la différence entre une introduction et un avant-propos ?
L’introduction fait partie intégrante du raisonnement juridique et présente le sujet, la problématique et le plan du mémoire. L’avant-propos, lorsqu’il existe, a une fonction plus personnelle ou contextuelle et n’intervient pas dans la démonstration juridique attendue par le jury.
Est-il préférable de rédiger l’introduction d’un mémoire en droit en dernier ?
Oui, il est fortement recommandé de rédiger l’introduction après avoir finalisé le développement du mémoire. Cette méthode permet d’assurer une parfaite cohérence entre la problématique, le raisonnement juridique et l’annonce du plan, conformément aux exigences universitaires.
Pourquoi l’introduction est-elle déterminante dans l’évaluation d’un mémoire en droit ?
L’introduction est systématiquement lue avec attention par le jury. Elle donne une première impression sur la rigueur méthodologique, la clarté du raisonnement juridique et la pertinence scientifique du sujet. Une introduction solide valorise l’ensemble du travail académique.








